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Dictionnaire suisse de politique sociale A - B - C - D - E - F - G - H |
Fonds de pensions (Modèle chilien)
La Banque Mondiale est devenu l'une des organisations phare en matière de politique de pensions de retraite. Son rapport de 1994 "Eviter la crise du vieillissement. De nouvelles politiques pour protéger les personnes âgées et promouvoir la croissance " (seule une version abrégée existe en français. " Curieusement ", elle assouplit le message du texte anglais). constitue tout à la fois une condamnation sans équivoque des régimes publics de pensions et la promotion d'une nouvelle orthodoxie. La Banque défend une position extrêmement précise, prenant le contre-pied complet de celle traditionnellement défendue par les spécialistes de sécurité sociale. Il faut renoncer aux régimes de pensions par répartition à prestations définies, c'est à dire ceux dans lesquels le financement des pensions des retraités repose sur les cotisations des actifs (comme l'AVS ) et qui, dans la majeure partie des cas, prometent une pension fonction du salaire d'activité (comme les régimes de retraites français et allemands). La solution à la crise du vieillissement et à la faillitte des régimes de pensions passe par l'adoption de régimes totalement capitalisés (on épargne pour sa propre pension comme dans le deuxième et troisième pilier en Suisse), gérés par le secteur privé et à cotisation définie. Pour la Banque, Le Chili est le modèle à suivre.
Le modèle chilien est mis en place en 1981 dans le cadre des mesures de libéralisation économiques impulsées par le gouvernement Pinochet. Les principales caractéristiques du nouveau régime sont le passage à la répartition intégrale. Les cotisations finissent sur des comptes individuels, gérés par des institutions privées, les " administradoras de fondos de pensions " (AFP) en concurrence. Les cotisants peuvent choisir leur AFP et en changer. Les employeurs ne participent plus aux cotisations. La valeur de la pension de vieillesse est déterminée par le montant des cotisations versées et les intérêts perçus. A l'âge de la retraite , le travailleur peut soit utiliser le solde de son compte pour acheter une rente viagière auprès d'une compagnie d'assurance, soit procéder à des retraits échelonnés de son compte, dont la valeur tient compte de l'espérance de vie. L'État, quant à lui, apporte sa garantie en cas de défaillance des AFP et paie la pension minimale pour les travailleurs qui ont cotisé pendant vingt ans et qui n'ont pas réussi à constituer un capital suffisant. Les points faibles du système ont été mis en éidence par de nombreux experts. Tout d'abord se pose le problème du nombre croissant de personnes qui ne payent plus leurs cotisations, notamment dans les catégories à bas revenu. C'est ainsi qu'il n'y a plus que 55 % des actifs qui assument leurs obligation contre 79 % dans l'ancien système (1999). Or, le montant de la pension n'est plus garantie, mais directement liée au montant de l'épargne. En outre, les salariés supportent en totalité la totalité des coûts (et des risques) du nouveau système, même si la garantie étatique offre aux chiliens une certaine sécurité. Voir: Assurance-vieillesse et survivants (AVS) Banque mondiale (B.I.R.D.) Troisième pilier (ou prévoyance individuelle) Références:
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