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Dictionnaire suisse de politique sociale A - B - C - D - E - F - G - H |
Enfance (Politique de l')
L'enfance correspond, selon la Convention internationale des droits de l'enfant (ONU 1990), à la période de la vie humaine qui va de la naissance à la majorité civile. Catégorie sociale d'âge, elle regroupe l'ensemble des 0-18 ans, soit, pour la Suisse, plus de 20 % de la population résidante. On distingue couramment : a) la petite enfance, enfants de 0-5 ans non encore soumis à l'obligation scolaire ; b) l'enfance proprement dite, caractérisée par le temps de l'école ; c) l'adolescence, incluse dans la notion de jeunesse.
L'enfance se caractérise par un statut (minorité juridique, filiation privée et dépendance de l'autorité parentale), un mouvement (processus de développement physique, cognitif, affectif et social conduisant à l'autonomie de l'âge adulte), une production (l'action éducative au sens large) et un enjeu de société (reproduction du capital humain, formation des nouvelles générations et des citoyens de demain). Par politique de l'enfance on peut comprendre l'ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics et les autres acteurs de la scène politique pour aménager les conditions matérielles et institutionnelles de la prise en charge éducative. Schématiquement, on peut distinguer trois grandes orientations dans la gestion publique de l'enfance, qui portent sur les rapports entre la famille, l'enfant et l'État : 1. Politique de protection de l'enfant : La prise en charge matérielle et éducative de l'enfant est d'abord une affaire de famille, déléguée aux parents, sur la base de la filiation privée Lorsque la famille naturelle n'est pas ou plus en mesure de remplir son rôle, ou manque à ses devoirs, l'État doit se substituer à elle au nom de la protection des mineurs (assistance éducative, prévention des mauvais traitements, mesures de placement, etc). 2. Politique de soutien fonctionnel à la famille : L'importance sociale de la fonction éducative de la famille étant reconnue, l'État est amené à soutenir les parents dans leur tâche par des mesures d'appui appropriées (aides financières directes ou indirectes, services socio-éducatifs, etc.). Plutôt que de se substituer à la famille, la collectivité agit sur les conditions sociales externes afin de favoriser l'exercice de la parentalité. 3. Politique des droits de l'enfant : L'État se reconnaît des responsabilités directes vis-à-vis des enfants, futurs citoyens et sujets de droits sociaux (Convention internationale des droits de l'enfant). Dans cette orientation, l'enfant n'a plus seulement des droits dérivés, mais doit pouvoir bénéficier progressivement de droits directs (être entendu lors d'un divorce, etc.) et de mesures sociales spécifiques (allocations, places en crèche ou en école enfantine, services de santé, espaces de jeu dans la ville, centres de loisirs, etc). Voir: Éducation/Socialisation Famille Jeunesse (Politique de la) Protection de l'enfant Références:
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