Dictionnaire suisse de
politique sociale

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Délinquance

La délinquance appartient à l'ensemble des déviances. Toutes deux sont définies par rapport à des normes sociales, la délinquance comprenant spécifiquement les infractions à des normes juridiques, à dominante pénale.
Quantitativement, la délinquance - ou criminalité - est l'ensemble des délits et des crimes commis dans une société donnée. Il faut alors au moins distinguer, parce que les contours en sont différents :
- l'ensemble des infractions commises ou délinquance réelle,
- l'ensemble des infractions non enregistrées ou délinquance cachée,
- l'ensemble des infractions connues ou délinquance apparente,
- l'ensemble des infractions condamnées ou délinquance sanctionnée.
Outre les statistiques officielles, les sources de connaissance de la délinquance sont les sondages (notamment de délinquance auto-révélée et de victimisation). Il a ainsi été estimé qu'un tiers à 50 % seulement de la délinquance "réelle" serait connue de la police et 5 à 25 % sanctionnée par les tribunaux. Ces proportions peuvent varier fortement selon les types d'infractions (homicides, agressions sexuelles, trafic de stupéfiants, etc.).
Qualitativement, la délinquance peut être comprise (perspective interactionniste) comme un ensemble de confrontations sociales complexes mettant aux prises : des acteurs qui édictent des normes juridiques (instances de définition et groupes de pression), des acteurs qui les transgressent (enregistrés comme délinquants) et des acteurs qui les poursuivent et réagissent à ces transgressions de façon informelle (victimes, témoins, voisinage) et formelle (système pénal). Dans ce processus, les médias, les préjugés et les stéréotypes, les craintes et les sentiments d'insécurité, jouent un rôle important (représentations et amplification de la délinquance).
Enfin, les typologies de la délinquance sont variées, notamment :
- dans une perspective évolutive : délinquance occasionnelle, de transition, de carrière ;
- selon les cibles visées : délinquance de profit, acquisitive (vols) et économique (délits d'affaires ou des "cols blancs") ; délinquance d'intimidation et de violence contre les personnes ; délinquance "hédoniste" (jeux, drogues, sexe) ;
- selon son degré d'organisation : délinquance organisée, par opposition à non professionnelle, non systématique, etc.

Voir: Contrôle social Délinquance juvénile Déviance Étiquetage (Théorie de l') Exclusion Office fédéral de la police (OFP) Prison (Privation de liberté) Travail social Victimes d'infractions (Loi fédérale sur l'aide aux) (LAVI) Violence

Références:

  • S. Bauhofer, N. Queloz, E. Wyss (Éds), Wirtschaftskriminalität, Criminalité économique, Rüegger, Zurich, 1999. -J.M. Bessette (Éd.), Crimes et cultures, L'Harmattan, Paris, 1999. - M. Cusson, Criminologie actuelle, PUF, Paris, 1998. - C. Debuyst, F. Digneffe, A. Pires, Histoire des savoirs sur le crime et la peine, De Boeck, Bruxelles, Vol. 1, 1995, Vol. 2, 1998. - M. Killias, Précis de criminologie, Stämpfli, Berne, 1991. - J. Proux, M. Cusson, M. Ouimet (Éds), Les violences criminelles, Presses de l'Université Laval, Ste-Foy, 1999.

    Nicolas Queloz


    Délais cadre Délinquance juvénile